Qu’est-ce que la neuropsychologie ?

Il s’agit d’une discipline scientifique étudiant les liens qui existent entre les diverses structures cérébrales et le comportement (hyperactivité, impulsivité, …) ainsi que les fonctions cognitives (langage, perception, mémoire, attention, …).

Quel travail réalise le neuropsychologue ?

Le neuropsychologue a deux occupations principales : l'évaluation et la prise en charge (rééducation).
L'évaluation consiste en la réalisation de bilans intellectuel, attentionnel, exécutif, mnésique et visuo-spatial en vue d’objectiver ou non des plaintes au niveau de ces fonctions. A la suite du bilan, des pistes de solutions sont explorées avec les parents.
Une solution possible en cas d’objectivation de troubles attentionnels et/ou mnésiques est la rééducation neuropsychologique.

Bilan Attentionnel

Il s’agit d’un bilan, durant deux séances d’une heure 30 chacune, au cours duquel diverses fonctions seront analysées chez l’enfant :

- l’attention et la concentration
Il s’agit de diverses épreuves qui permettront au professionnel de cerner le développement des capacités d’attention visuelle, auditive, divisée (faire deux choses en même temps) chez l’enfant. Les potentialités de concentration (durée de maintien de l’attention) ainsi que la vitesse de traitement seront également investiguées. Par ailleurs, une part importante du bilan attentionnel est octroyée à l’aperçu clinique du comportement de l’enfant (agitation, distraction, impulsivité,…). En effet, ces divers aspects de l’attention sont couramment recrutés lors du temps scolaire, ce qui pourrait entraîner des difficultés d’apprentissage en cas de mauvais fonctionnement.

- les fonctions exécutives
Il s’agit des fonctions de planification (étapes pour arriver à un but donné), de flexibilité (alterner entre des consignes, deux types de traitement) et d’inhibition (retenir son action verbale ou motrice dans une situation donnée). Ces fonctions sont en effet fortement liées aux capacités d’attention et nécessitent donc d’être investiguées.

- la mémorisation
L’attention pouvant avoir un impact négatif sur les capacités de mémorisation, il est impératif d’investiguer le développement de celles-ci dans un bilan attentionnel. En effet, cela permet de mesurer l’impact des difficultés attentionnelles sur l’acquisition de nouveaux apprentissages mais aussi d’observer si l’enfant privilégie la modalité auditive et/ou visuelle lors de sa mémorisation.
C’est ainsi que les capacités de mémorisation à court terme (rétention pendant quelques secondes d’une information) et à long terme (encodage, stockage et récupération d’informations sur une plus longue période) seront investiguées tant dans la modalité auditive que visuelle.

- les fonctions visuo-spatiales
Les fonctions visuo-spatiales ont trait à l’espace, la localisation, l’orientation, l’attention et la mémoire spatiale ainsi que les capacités à réaliser des rotations mentales, à comprendre les relations entre les objets, à recopier et/ou reconstruire un modèle ou encore à élaborer des représentations topographiques (Newcombe et Ratcliff, 1989 ; Cronin-Golomb et Braun, 1997).
Les enfants souffrant de troubles de l’attention présentent fréquemment des difficultés d’ordre visuo-spatial; il est donc important d’investiguer celles-ci lors d’un bilan.

Bilan intellectuel

Il s’agit de la réalisation d’une évaluation intellectuelle au moyen d’une batterie adaptée à l’âge de l’enfant. Le résultat de ce bilan permettra de se faire une idée quant au fonctionnement global de l’enfant : ses capacités de raisonnement verbal et visuo-spatial, de mémorisation et de vitesse de traitement de l’information. Ce type de bilan est le plus souvent envisagé en cas de questionnementsur une éventuelle orientation scolaire ou pour obtenir un remboursement des séances de logopédie (langage oral).

Rééducations

Lorsque des déficits attentionnels, exécutifs et/ou mnésiques sont mis en évidence lors du bilan neuropsychologique, il est possible d’envisager le recours à la rééducation neuropsychologique. Celle-ci dure le plus souvent de 15 à 20 séances après lesquelles un bilan sera à nouveau réalisé afin d’observer les améliorations de l’enfant et décider s’il est judicieux ou non d’arrêter le suivi.
Ces rééducations feront intervenir diverses méthodes suivant les déficits de l’enfant et son âge. Chez les plus jeunes, le neuropsychologue utilisera le plus souvent le drill, c’est-à-dire fournir un entraînement adapté à l’enfant et répété de façon régulière. De cette façon, les fonctions altérées pourront être spécifiquement améliorées. Chez les plus âgés, il est possible d’avoir recours à des stratégies de compensation, c’est-à-dire que l’on se sert des fonctions préservées pour pallier les déficits. De même, il est possible d’envisager de travailler la méthode de travail avec les jeunes de 12 à 18 ans, le but étant alors de leur faire intégrer des outils tels que les résumés de textes qu’ils pourront appliquer à leurs cours ainsi que de travailler la gestion de leur temps. En plus de l’entraînement des fonctions altérées, une mise en place de stratégies d’apprentissages ainsi que de conseils à appliquer dans la vie quotidienne sont fournis aux parents et aux professeurs afin de permettre une meilleure adaptation sociale et scolaire à l’enfant.

Thérapeute

Audrey Andrien